IT & Open Source : questions précises et réponses vagues

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Tag - service public

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jeudi 6 novembre 2008

Développement durable, thunderbird pro et mutualisation

Bonjour,

Un petit post suite à une conversation avec Laurent B. du Département Infrastructure, Réseau et Sécurité à la Caisse Nationale d' Assurance Maladie (80 000 postes). Je précise que ce post n'a pas vocation a être un interview ni à engager mon interlocuteur dans mes propos.

Nous avons discuté lors d'un séminaire sur OBM au sein des locaux de Linagora à Paris. J'ai été étonné d'apprendre que la CNAM utilisait Thunderbird comme client de messagerie.

Pourquoi ce choix ?

D'abord financier avec le coût des licences mais aussi car les appels d'offres pour renouvellement des licences sont contraignants... Donc un choix économique et administratif. Ensuite un aspect lié à la maîtrise du code source: possibilité d'adapter le client et d'y inclure des add-ons métiers.

Ce que fait d'ailleurs aussi, et nous apprenons lors de la réunion, le MINEFE (Ministère de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi, 100 000 postes) qui déploie la solution OBM. Chacune intervenant sur Thunderbird, développant du code sans le mutualiser ni le transmettre à la communauté (travail trop spécifique)... Donc une perte d'énergie inutile (pas de critique là-dedans juste un constat).

Thunderbird client de messagerie pro ou pas pro?

Laurent Bauvens a soulevé une question pertinente: Pourquoi Thunderbird est-il envisagé uniquement dans une version grand public ? Heureusement que le client dispose d'une partie du code de Nescape qui permet d'aller vers des applications pro (me demander pas comment trop technique pour moi ;-)). Dans la limite que pour un usage professionnel, il faut bloquer l'accès aux modules complémentaires.

En gros, il estime que plus de 80% du code a un usage commun mais que pour fonctionner correctement il faut intervenir sur les 20% qui reste (avec toute la joie que l'on peut ressentir en se lançant dedans).

La mutualisation oui, mais pour mettre en commun un travail et le développer, cela nécessite de la volonté de la part des professionnels qui utilisent la solution. Ce qui n'est pas toujours le cas. Pour Thunderbird, par exemple, quand la fondation Mozilla a voulu ouvrir un forum, voir une forge, destiné aux pro, peu ou pas ont répondu à l'appel. Pourquoi ? Mystère...Strategie

Le principe de mutualisation est la base du libre, le retour vers la communauté pour faire progresser l'application. Comment envisager l'évolution du libre si les entreprises, les administrations implémentent des solutions sans fournir en retour de code et sans payer pour avoir ses solutions ? Il s'agit ici d'une démarche de développement durable car ne pas mutualiser sur le libre revient à limiter le développement et l'évolution des solutions que l'on utilise. Donc, sans doute à long terme, à se tirer une balle dans le pied !

A bientôt, Jonathan

lundi 3 novembre 2008

Service Public: Mutualiser pour le bien collectif

Bonjour,

Nous avons vu précédemment que les administrations et les collectivités territoriales représentés un marché potentiel important pour le logiciel libre. Or outre être un client, ces structures ont très tôt compris l'intérêt d'intégrer des logiciels libres au sein de leur système d'information comme le rapporte l’Agence des technologies de l’information et de la communication dans l’administration (ATICA) dans son rapport de 2002, « l’émergence des logiciels libres repose sur un phénomène simple : la volonté de mutualiser les logiciels (…) La mutualisation de leur développement est une approche naturelle pour réduire les coûts ou améliorer la qualité d’un logiciel en accroissant son caractère générique, sa souplesse, sa richesse fonctionnelle et sa modularité ».

Pour mener à bien cette mutualisation, une association a vu le jour en 2002, Association des Développeurs et des Utilisateurs de Logiciels Libres pour l'Administration et les Collectivités Territoriales (ADULLACT). header_logo-adullact.png « L'ADULLACT s'est donnée pour objectifs de soutenir et coordonner l'action des collectivités territoriales, des administrations publiques et des centres hospitaliers dans le but de promouvoir, développer, mutualiser et maintenir un patrimoine commun de logiciels libres utiles aux missions de service public ». Plus de 1500 structures publiques en font parties dont la ville de Paris ainsi que de nombreux départements et régions tout comme des communautés de communes et d’agglomération.

Comme tout structure, d'autant plus dans le monde associatif, des reproches sont formulés à l'encontre de l'Adullact et plus particulièrement de l'Adullact Project...De mon côté j'y prête peu attention car je préfère voir le positif des choses que le pendant négatif, c'est un choix discuté et discutable ;-)

Ce qu'il faut en retenir c'est que la démarche de mutualisation de l'open source semble correspondre à la logique du service public c-à-d rendre un service accessible à tous, égal pour tous.... Bien entendu, il n'y a pas de miracle, l'avantage du marché privé est qu'il permet une mise à jour permanente des solutions, une pression concurrentielle qui impose une évolution des technologies. Comme le passé nous l'a montré l'administration est peu entrain à l'innovation, ce n'est pas sa fonction, ce qui peut être une limite au modèle de développement collectif des institutions... Néanmoins, elles ont toujours la possibilité de positionner des entreprises privées sur des besoins collectifs avec la contrainte du code source sous licence libre.

A bientôt, Jonathan

Le logiciel libre: du Service public à la compétitivité européenne.

Bonjour, Un petit post à mourir d'ennui mais tellement riche en information ;-)

Différents rapports, le rapport Attali de 2007 dans sa décision 58 mais aussi celui de la Commission sur l'économie de l'immatériel de 2006, le rapport dit «Carayon» mettent en avant l'importance de l'open source que ce soit en matière de sécurité informatique, de contraintes budgétaires et de compétitivité nationale. Dans son rapport Bernard Carayon, député UMP du Tarn, considère que la dépendance de l'administration française, et des entreprises nationales, à des fournisseurs étrangers, proche des intérêt nationaux de leur pays d'origine, entraîne un problème de sécurité intérieur et économique. Ce rapport considère que la dépendance française en matière d'informatique envers des entreprises américaines, et plus particulièrement avec le leader mondial dans ce domaine, est un risque sécuritaire majeur. Il prône ainsi l'usage du logiciels libres dans la sphère de l'Etat pour limiter cette dépendance. Le même constat a été fait, traité sous un angle différent, par Thierry Carcenac, Président du Conseil Général du Tarn, PS, dans son rapport au Premier Ministre Lionel Jospin en 2001. Ce rapport «Carcenac» avait soulevé l'importance des économies que pouvaient réaliser l'Etat en migrant vers les logiciels libres. On retrouve un constat similaire dans le rapport Attali. François Horn avait lui aussi appuyé l'importance que devait jouer les pouvoirs publics dans l'usage des logiciels libres dans son livre l'Economie des logiciels (2001).

Dans le même sens, mais avec une analyse plus économiste, la Commission européenne a publié en 2006 un rapport dit Merit concernant l'importance de l'open source en Europe. Le point central de ce rapport est que la compétitivité de l'Europe passe par le développement et le soutien des projets open source. Au total, ce serait patrimoine logiciel d'une valeur d'environ 2 milliards d'euros qui est mis à la disposition des acteurs économiques. Le travail fournis par les individus, leopen sources contributeurs, est estimé à environ 131000 années/homme, soit à peu près 800 millions d'euros. Les entreprises, pour leur part, ont investi 1,2 milliard d'euros.

Pour l'avenir, l'étude Merit estime qu'un accroissement de l'investissement dans le logiciel libre de 20 à 40% pourrait se traduire par une progression de 0,1% du PIB de l' Union Européenne, soit 10 milliards d'euros annuellement. La part des services liés aux logiciels libres pourrait même atteindre 32% de l'ensemble des services informatiques en 2010. Ce développement favoriserait l'émergence d'un grand nombre de petites et moyennes entreprises, et, par conséquent, d'emplois. Potentiellement, le logiciel libre devrait entraîner une économie de 36 % en R&D pour les entreprises.

Le bilan, de ces différents rapports et études, est que l'open source est aujourd'hui considéré comme un moteur potentiel de l'économie française et européenne et un garant de la sécurité industrielle. Les études montrent aussi que les entreprises européennes sont les plus innovantes en matière de FLOSS (Free/Libre/Open Source Software) et contribuent davantage aux différents projets leaders que les États-Unis. Ainsi l'open source, les associations du libre et les SSLL ont un rôle important à jouer dans le futur.

Selon la Banque Mondiale, on retrouve un mouvement similaire dans de nombreux pays, l'Australie, le Brésil, la Chine avec la Corée et le Japon, l'Inde, la Malaisie, le Pakistan, la Thaïlande et les États-Unis d'Amérique.

Les spécialistes tendent à s'accorder que l'enjeu réel du marché sera l'adoption de l'open source par les entreprises grâce au retour d'expérience des administrations et à une prise en main du marché par les SSII. SSII qui a l'heure actuelle domine le marché du libre en France.

Ouf terminé ! Vous pouvez enfin respirer,

A bientôt, Jonathan Le Lous

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