Logiciel libre : questions précises et réponses vagues

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mardi 12 juillet 2011

Interview - vidéo de Richard Stallman – Créateur du logiciel libre, de la GPL et de GNU

Bonjour,

Voilà c'est fait ! J'ai interviewé Mr logiciel libre: Richard Stallman. La boucle est bouclée, après bientôt 3 ans à m'occuper d'Intelli'N TV j'ai enfin pu interviewé le fondateur du logiciel libre. Ce Monsieur n'est sans doute plus à présenter et même s'il est controversé aujourd'hui concernant certaines de ces positions, notamment la notion d'Art libre telle qu'il nous la propose au sein de cette interview, il n'en reste pas moins celui qui a initié le mouvement logiciel libre.

Richard Stallman RMLL 2011

Il possède une certaine aura notamment en France et dans les pays hispaniques plus peut-être que dans son propre pays. Il parle d'ailleurs couramment ces deux langues. Cette sympathie vient sans doute du fait qu'il ait un des leaders d'une « contre-culture » face à des modèles dominants dans l'informatique et plus globalement dans l'économie. En commençant son discours par « Liberté, Egalité et Fraternité » il ne peut que toucher notre sensibilité "républicaine"... Dernier détail, Mr Stallman se promène comme si de rien n'était en polo rouge flamboyant avec cette geekattitude qui en agace plus d'un même parmi ces sympathisants (private joke).

Laissons donc place à la définition du logiciel libre par son fondateur. Je vous invite à écouter ces points de vue sur les enjeux actuels du logiciel libre ainsi que des œuvres libres en général.

Voici le lien vidéo sur Youtube

pour l'instant (malheureusement)

mardi 8 septembre 2009

What is GPL ? Qu'est ce que la licence GPL ? FSF Europe Interviews vidéos

Bonjour,

Voici deux réponses vidéos , une en français et une en anglais, faite respectivement par Michel Roche et Reiner Kersten de la Free Software Foundation Europe.

La GPL est la licence la plus utilisée dans l'univers des logiciels libres (environ 70% des logiciels libres) mais elle s'applique aussi à l'art. Nous comprenons dans ces interviews que la GPL est avant tout un état d'esprit qui propose d'ouvrir et de distribuer les œuvres.


Qu'est-ce que la licence GPL ? par Michel Roche - FSF Europe

What is GPL License ? by Reiner Kersten - FSF Europe

A noter que la GPL ne fait pas l'unanimité ce qui explique l'existence de nombreuses autres licences, voir le post de Philippe sur le sujet.

La GPL reste cependant historiquement liée au mouvement du libre et à son créateur Richard Stallman (Créateur à la fois de la GPL, de la FSF et du mouvement du logiciel libre en général).

Jonathan

vendredi 20 mars 2009

Du logiciel libre à l'open source: de l'éthique à l'économie

Bonjour,

Un post sur l'historique entre logiciel libre et open source. Personnellement, je préfère, plutôt que de différencier, d'unir ses deux approches qui ont un résultat identique: Le développement du libre

4-fsf.jpg

Selon la définition de la Free Software Foundation (FSF) un logiciel libre répond à 4 principes :

- Liberté d’exécuter le programme, pour tous les usages ;

- Liberté d’étudier le fonctionnement du programme et de l’adapter à ses besoins ;

- Liberté de le diffuser ;

- Liberté de modifier le programme et de publier ces modifications.

Pour la FSF, le système des logiciels libres a pour finalité la protection de la liberté en matière informatique. Elle se positionne donc davantage d'un point de vue éthique et politique (Cool et Laurent, 2005) qu’ économique. Son objectif final est d'éviter toute appropriation abusive du logiciel, elle a d'ailleurs pour cela créée sa propre licence, la General Public Licence (G.P.L) qui est la licence la plus utilisée et la plus diffusée dans le monde du libre. Elle a ensuite fait évoluer cette licence vers la L.G.P.L (Library General Public Licence).

opensource_logo.gif

Face à ce positionnement, un mouvement plus orienté « marché » a vu le jour en 1998 grâce à la volonté de Bruce Perens et Éric S. Raymond. L'Open Source Initiative (OSI), qui privilégient une approche plus économique, a proposé d'élargir le champ de l'open source. Ils ont d'ailleurs créé le terme d'open source pour éviter la confusion entre l'ouverture du code et l'éventuelle gratuité du logiciel (« Free Software »).

Ainsi l’Open Source implique plus que la simple diffusion du code source, la licence d’un programme de logiciel libre doit répondre à plusieurs caractéristiques pour pouvoir être reconnue officiellement par l’OSI comme licence libre (OSI, 1999) :

- Libre redistribution ;

- Disponibilité du code source ;

- Autorisation d’effectuer des travaux dérivés ;

- Intégrité du code source de l’auteur : l’auteur ne peut pas empêcher les modifications, mais peut en encadrer les modalités de diffusion en imposant la redistribution du code source modifié sous forme de fichiers « patch » ;

- Absence de discrimination entre les personnes ou les groupes ;

- Pas de limitation à l’utilisation dans certains domaines (entreprises, recherche) ;

- Distribution de la licence : pas de conditions ou de licences supplémentaires, ou d'accord de non divulgation ;

- La licence ne doit pas être spécifique à un produit : on peut extraire le programme et le distribuer séparément ;

- La licence ne doit pas contaminer d’autres logiciels : la licence ne doit pas apposer de restrictions sur d’autres logiciels distribués avec le programme qu’elle couvre.

On voit donc que la proposition de l'OSI recouvre un usage plus large car elle envisage l'utilisation des logiciels libres dans l'activité professionnelle. La FSF fût, dans un premier temps, opposée à cette ouverture vers le monde de l'entreprise car ils pensaient que cela serait préjudiciable aux respects de liberté et d'éthique des logiciels libres. L'OSI au contraire a vu cette ouverture aux entreprises comme la possibilité de diffuser largement les logiciels, de permettre un développement sur le long terme des projets.

C'est à cette période, fin des années 90, que le discours du mouvement open source s'est axé sur deux publics, d'un côté les utilisateurs, les contributeurs et de l'autre les entreprises et les collectivités locales avec l'apparition d'entreprises spécialisées dans ce secteur comme Red Hat par exemple.

Sur le sujet de la diffusion des logiciels libres, Richard Stallman développe depuis des années un discours plutôt axé sur les valeurs fondamentales du libre. Il estime en effet que l'utilisation des applications par un large public qui ne partage pas ou ne connaît pas les valeurs du libre va à l'encontre du mouvement open source (Cf Conférence au Journées du logiciel libre de Montpellier édtion 2007).

Cet argumentaire l'éloigne d'ailleurs peu à peu de la réalité de l'open source qui aujourd'hui dépend de plus en plus des entreprises qui jouent un rôle majeur dans le développement du libre (70% du kernel Linux est développé par des salariés). Néanmoins, Richard Stallman bénéficie d'un respect (légitime) et d'une reconnaissance des contributeurs et bénéficie toujours d'une écoute favorable lors d'événements centrés sur le libre.

Ce qui est intéressant c'est la vie de ses deux mouvements qui cohabitent et parfois s'entrechoquent mais vont dans le même sens, celui du développement du libre dans le monde (C'est mon côté fleur bleue ;) )

A bientôt, Jonathan

mercredi 19 novembre 2008

Open source: vers une démarche qualité ?

Bonjour,

Je vous invite à lire l'article "Open Source : les entreprises adoptent le modèle sans le maîtriser" du LeMagIT

Le commentaire de Christian est lui aussi intéressant.

Je rejoins Christian sur les risques juridiques associées à l'open source. L'open source n'est pas plus contraignant qu'une licence classique voir beaucoup moins sur de nombreux aspects. Le tout est de savoir la finalité de l'utilisation de l'application choisie:

- Veut-on intégrer l'application dans notre SI ?

Dans ce cas la licence a peu d'impact sauf dans le cas de licence spécifique, sachant que la grande majorité des logiciels sont sous licence GPL qui ne pose pas de problème particulier.

- Veut-on intégrer cette solution dans le but de redistribuer gratuitement ou commercialement une solution ?

Cette situation est plus complexe car les licences open source ne se marient pas obligatoirement entre-elles et il faut savoir que la licence GPL est contaminante. On ne peut donc associer une GPL avec une autre licence de quelque nature que ce soit. Le cadre juridique de cette licence a été largement validée par les juristes dans le monde entier.

C'est la notion de redistribution qui est importante dans l'open source et pas forcément celle d'utilisateur final à contrario du modèle propriétaire.qualité

Par contre mettre en place une procédure de gouvernance, sélectionner l'open source sur des critères visant à limiter les risques sur le long terme (communauté, activité...), voilà des points importants et essentiels quand on choisit une solution open source.

Open source ne veut pas dire cheap, ni low cost, il faut développer une démarche qualité stricte qui prouvera à terme que ces solutions sont aussi viables que les autres (et non plus un discours de militant entre Pro et Anti).

Jonathan

mercredi 22 octobre 2008

Le principe du Copyleft: Copier n'est pas joué!

« Copyleft - all rights reversed »*

Le terme copyleft est un jeu de mots par rapport à copyright et à copy left (copie laissée ou copie autorisée). On le traduit en français par gauche d'auteur.

Les licences copyleft sont des licences libres auxquelles sont adjointes une clause dite copyleft. Le principe essentiel est d'imposer, à celui qui l'accepte, de dévoiler le code source des programmes concernés et de toutes les modifications qui pourraient lui être apportées, mais aussi la libre circulation du code sous la seule restriction de conserver son caractère "ouvert" (Jullien et Zimmermann, 2002). Ainsi les licences copyleft permettent à quiconque d'utiliser, copier, étudier, modifier et distribuer l'œuvre sous la condition que l'utilisateur devra laisser l'œuvre sous les mêmes conditions d'utilisation, y compris dans les versions modifiées ou étendues.

Vous vous doutez que cela n'est pas aussi simple ;-) GPL v3 La notion de gauche d'auteur est un terme fréquemment utilisé dans la littérature juridique car elle est à la base de la différenciation entre les licences libres. Ainsi les licences sont scindées en deux grandes familles, celles dite copyleftées, comme la GPL (General Public licence) et celles free bsd permissives, par exemple la BSD (Bekerly Software Distribution). On peut aussi ajouter le terme de licence non-copyleftée, que l'on retrouve dans certains textes, qui se rapproche de celui de permissive. Il existe aussi une distinction entre les différents degrés de copyleft ainsi il existe des logiciels avec un copyleft fort et d'autre avec un copyleft standard ou faible. Le copyleft fort, présent dans la licence GPL par exemple, interdit la combinaison du produit avec des produits propriétaires. Il s’agit d’une licence dite « contagieuse », puisque toute association d’un autre produit rend les développements tiers également Open Source. Le copyleft faible ou standard limite ces restrictions. Ainsi, il est possible d’utiliser des produits sous LGPL (Lesser General Public licence) par exemple dans des développements privés.

Vous comprendrez donc que la nature de la licence du logiciel libre peut avoir des effets importants. Il est donc essentiel quand on veut utiliser ou implémenter une solution de vérifier sa compatibilité avec la licence.

  • Jeu de mot de Don Hopkins tournant en dérision l’habituelle mention Copyright - « all rights reserved » est extrait d’une lettre adressée à Richard Stallman en 1984.