IT & Open Source : questions précises et réponses vagues

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - Développement durable

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi 11 décembre 2008

La communauté du libre a fait ses preuves, mais qu'en est-il des éditeurs open source ?

Bonjour,

Commentaire sur l'article de Philippe concernant les modèles de l'open source.

Je dirais que le modèle 4 est le modèle originel, celui qui a prévalu et prévaut encore pour les logiciels open source menés par une communauté par contre il n'est pas réel dans le cas d'un éditeur open source.

Comme tu l'as dit pertinemment l'éditeur open source est dans le modèle 3 mais la communauté est plus "fictive" que réelle dans le sens où c'est l'éditeur qui fournit la plupart des innovations, des implémentations...Et maitrise de toute façon l'évolution de la solution. en discutant avec certains d'entre eux tu réalises que c'est même eux qui maîtrise le projet à plus de 90%...

Ces deux approches montrent bien les tensions qui peuvent exister au sein du mouvement car les enjeux et les intérêts sont souvent très très divergents ! Un contributeur bénévole a une motivation différente, souvent militante, alors que l'entreprise est principalement habitée par la logique du business (normal).

L'open source a fait ses preuves sur le modèle 4 et ceux qui en ont le plus profité sont souvent les constructeurs/fournisseurs de matériels, type IBM ou Sun, car leurs modèles économiques ne reposent pas sur le logiciel ni uniquement sur les services mais sur une offre globale. De même pour google qui a une stratégie globale de diffusion (modèle n°2).

Il reste maintenant à trouver un modèle 3 qui puisse permettre une cohabitation entre éditeurs, intégrateurs et clients. L'enjeu est majeur et pas évident surtout pour les éditeurs car n'oublions pas que "Tout travail mérite salaire"...

A bientôt, Jonathan

jeudi 4 décembre 2008

Suite "Informatique: Pro vs Anti Libre vers une stratégie de compromis"

Bonjour,

Philippe a fait un commentaire intéressant (Philippe Scoffoni est DSI dans un cabinet de conseil):

"J'aime bien ta phrase " l'open source est stratégique (et non plus militant)". Je crois qu'elle résume bien effectivement de changement de cap qui est en train de se produire.

Mais restons vigilant à ce que le Libre ne devienne pas qu'une sorte de faire valoir médiatique : cf les opérations de communication d'OBAMA sur son site change.gov.

Espérons qu'il ne faut voir en tout cela que la montée en puissance d'un modèle de fonctionnement basé sur le partage de la connaissance dans l'intérêt général. oupsss je redeviens militant.

Paradoxal alors que professionnellement je mixe en permanence solutions propriétaires et libres depuis plusieurs années ? Non c'est une question aussi de maturité des solutions open source."

Merci Philippe pour ton commentaire.

D'un point de vu professionnel nous sommes tous dans un grand écart permanent: D'un côté nous souhaiterions n'utiliser que l'open source et de l'autre la réalité technique nous oblige à d'autres choix.

Je pense que c'est une réaction professionnelle et saine qui prouve que nous ne valorisons pas une solution uniquement par rapport à un idéal mais bel et bien en fonction d'un cahier des charges concret.

Quand à la récupération médiatique que ce soit des politiques ou entreprises, c'est sans doute la rançon du succès.

Le tout c'est de ne pas perdre le cap et de soutenir les actions d'associations tels que l'APRIL mais aussi l'ADULLACT et les Gul locaux qui travaillent sur la pérennité du mouvement.

A bientôt,

Jonathan

mercredi 3 décembre 2008

Informatique: Pro vs Anti Libre vers une stratégie de compromis

Bonjour,

Voilà c'est fait ! Le libre a enfin sa place sur le marché. Le Gartner et autres cabinets de renom le disent, le libre dans le placard c'est fini, maintenant il faut se couper les cheveux, se raser et enfiler un costard (M... se diront certains) !

Mais voilà, on efface pas des années de luttes, parfois peu objectives, comme cela. Aujourd'hui l'heure est au compromis des deux côtés...

D'un côté les acteurs traditionnels, poids lourds, de nombreuses victoires à leur actif, quasi invaincu sur la plupart des marchés.

De l'autre l'open source, un poids léger, un début de carrière difficile mais grâce à la musculation il a reprit le dessus et devient un sacré challenger, voir leader, sur beaucoup de marchés.open source

Le combat commence ? Non pas vraiment car il est l'heure de la discussion, pas toujours évidente car alimentée par des enjeux idéologiques parfois très fort au sein même des deux camps. Pourtant le marché l'impose: Il va falloir discuter, échanger, négocier, trouver sa place et laisser de la place aux autres ! Et pas question d'être au fond de la salle et de passer pour des fanatiques. D'ailleurs, c'est décidé les fanatiques ont leurs paie un billet pour Cuba, ils sont super sympa mais il y a des moments où le compromis s'impose face aux conflit idéologiques stériles.

Cela ne veut pas dire que l'on doit arrêter de défendre ses idées, de donner son avis mais qu'il faut plus largement ouvrir le dialogue, se positionner pour trouver un équilibre. Il n'y a pas d'un coté les gentilles SSLL et de l'autre les méchantes SSII. Les deux ont le même objectif: faire du business.

Le choix de l'open source est stratégique (et non plus militant): Je choisit l'open source car c'est le modèle économique qui me semble le plus pertinent et qui répond, éventuellement, à mes valeurs.

Le choix n'est pas non plus unanime: Ce n'est pas l'inquisition, il se peut très bien qu'une technologie propriétaire corresponde plus à une situation qu'une libre...

Voilà, c'est dit, c'est fait, le libre a de l'avenir et plus seulement dans un garage. Maintenant il s'agit de défendre ses intérêts en bonne intelligence !

A bientôt, Jonathan

Suite Microsoft et le petit Linux rouge

Bonjour,

Voici un commentaire de Alc sur mon post précédent sans doute un peu trop militant (les vieux démons):

"Certes,Jonathan ce n'est pas faux, mais ne connaissons nous pas les uns et les autres dans notre environnement des "pseudo" pur players qui se comportent sous la bannière du libre comme de véritable MS ? et qui ferait bien de lire "la stratégie du dauphin" ".

J'en ai profité pour me cultiver et connaître cette fameuse stratégie du dauphin qui consiste (en simplifiant) à s'adapter à la "vague", à devenir plus réactif plutôt que de combattre ou de se laisser aller. L'avenir nécessiterait une approche plus ouverte et plus souple face à la complexité du monde... ( La Stratégie du dauphin : Les idées gagnantes du XXIe siècle (Broché) de Dudley Lynch et Paul L. Kordis ).

Ma réponse:

C'est vrai que certaines entreprises utilisent le libre dans la même logique que MS. Ou alors veulent imposer le libre comme étant le seul modèle adéquate, le modèle "parfait"...

La vérité est sans doute ailleurs, personnellement je pense que le libre n'est pas universel mais qu'il reste un bon moyen pour rééquilibrer le marché, sans doute le seul à l'heure actuel. Rééquilibré le marché dans le sens libéral ou anti libéral selon ses idéaux politiques:

- Libéral: il permet plus de concurrence et favorise l'innovation (si si) sur un marché qui en a besoin,

- Anti libéral: Il permet de donner accès à l'informatique à tous et de rendre indépendante les stratégies des états vis-à-vis des entreprises informatiques.

Pour autant peut-on le généraliser à l'ensemble du marché ? Je ne pense pas, tout est une question d'équilibre.

Merci pour votre commentaire, Jonathan

lundi 24 novembre 2008

Service public, open source et développement durable: L'exemple de la ville d'Albi

Bonjour,

La première fois que j'ai entendu parlé d'open source, de service public et de développement durable, c'est lors de la mise en place des Vendanges du libre sur le Tarn. En travaillant avec Jean-François Martel, DSI de la Mairie, j'ai découvert que la Mairie avait non seulement migré l'ensemble de ses postes vers open office mais avait aussi inclus les logiciels libres dans son agenda 21. Il est intéressant de voir sous quel angle la ville a développé son approche du libre.

"Fiche action 33 de l'agenda 21 - Orientation : Inscrire la collectivité dans une dynamique constante d'amélioration de son fonctionnement

Titre : Développer l'utilisation des logiciels libres au sein de la collectivité

Enjeu: Développement durable

Objectifs

Dans le cadre de la mise en oeuvre de son système d'information, la Ville souhaite s'assurer de la maîtrise de l'information traitée et produite sans être dépendant d'éditeurs logiciels. L'objectif est également de pouvoir faire évoluer librement les outils logiciels, grâce à la disponibilité des codes sources, en fonction des besoins réels de la ville, sans être contraint de suivre les stratégies économiques des éditeurs logiciels. empreinte_durable.jpg Les licences de ces outils étant souvent gratuites, il est ainsi possible de déployer ces logiciels sans forte contrainte budgétaire, sur tous les postes de travail des agents de la Ville, favorisant ainsi l'utilisation d'outils communs et homogènes dans les différents services et donc le partage de documents numériques.

Les objectifs de déploiement de logiciels libres concerne l'ensemble des logiciels utilisés par la collectivité :

• Logiciels systèmes : serveur, poste de travail

• Logiciels de bases de données

• Outils logiciels communs : bureautique (traitement de texte, tableur, outil de création de diaporama, outil de dessin et de retouche photo, messagerie, agenda, intranet ...)

• Applications métiers Par ailleurs, le principe de développement des logiciels libres étant « communautaire » (chacun amène une pierre à l'édifice), la Ville participera activement au développement d'un logiciel concernant un de ses métiers, qui sera intégré dans le système d'information de la Ville.

Actions à mettre en oeuvre ou à poursuivre

Pour tout besoin existant ou nouveau (retouche photo, planification), prise en compte des solutions libres existantes en validant l'adéquation besoin / fonctionnalité tout en s'assurant de la pérennité de ce logiciel à travers les services de support et la prise en compte d'évolutions techniques et/ou fonctionnelles. Participation à un des projets coordonnés par l'Adullact pour la réalisation d'un logiciel métier sous licence libre GPL (Global Public Licence), en fournissant une partie des ressources nécessaires à l'élaboration et au déploiement de ce projet.

Indicateurs

Nombre de logiciels libres gérés par la DSI Rapport moyen logiciel libre / logiciel du commerce par typologie de poste de travail Ratio nombre de serveurs fonctionnant sous Linux par rapport à des solutions propriétaires Evolution du coût de maintenance logiciel et du coût d'investissement logiciel Nombre de projets « logiciels libres » où la ville d'Albi participe aux Groupes de Travail Collaboratif"

Instructif non ?

Jonathan

- page 2 de 3 -