IT, service et open source: questions précises et réponses vagues

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - Développement durable

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi 15 juin 2009

SSII et Open source: Des loups dans la bergerie ?

Bonjour,

Je me suis rendu dernièrement à la réunion concernant la Roadmap 2020 L'échange était intéressant.

Un point est venu me titiller car ce n'est pas la première fois que j'en entend parlé: Les SSII seraient des opportunistes qui iraient à l'encontre du modèle du libre....

Pour bien comprendre en quoi cela m'interroge c'est que je fais une thèse sur: L'intégration de l'open source au sein des sociétés de service informatique... Donc je travaille sur les grands méchants et la façon dont ils peuvent intégrer le libre (je suis donc un collaborateur d'après la doctrine).

open_source_spirit.jpg

Alors les SSII: Des loups dans la bergerie ?

- Qui sont les moutons alors ? Les libristes ? Vous considérez vous comme des moutons ? Il me semble que c'est le contraire, le libre s'est développé sur l'idée que nous n'étions pas des moutons à la solde de certaines (une ?) entreprises.

- Les SSII des opportunistes ? Eh oui, c'est le cas, les SSII ne s'intéressent au libre que parce qu'elles y trouvent des solutions pour leurs clients avec un gain supérieur au propriétaire. Donc il y a des intérêts très marqués. Pour autant, les entreprises du libre sont-elles des structures neutres dont la vocation est uniquement de garantir la pérennité du mouvement ? Non, elles ont un objectif similaire, développer l'activité et faire du profit....

La différence: Ces dernières ont compris dès le départ qu'il faut investir dans le développement, dans le lien avec la communauté pour que les solutions soient pérennes (ce qu'elles ne font pas toutes et parfois loin de là).

Pour conclure, Les SSII sont opportunistes mais elles restent les premiers intégrateurs d'open source dans les entreprises voir ce post. Plutôt que de prôner un djihad du libre, il semblerait plus pertinent de développer une démarche pédagogique et stratégique vis-à-vis de celles-ci (c'est l'objectif de ma thèse). Montrer que le modèle de l'open source nécessite une approche de fond qui ne peut-être que dans leur intérêt. Bien entendu, je ne me leurre pas sur son impact (les thèses finissent dans des étagères)...

Bref, les inviter à la table des discussions, les impliquer dans la démarche. Le projet Intelli'N, par exemple, est nait de ce constat: Regrouper les SSII pour les aider à intégrer l'open source mais aussi mutualiser pour participer à l'écosystème du libre. L'avenir nous dira si cette approche est la bonne.

Pour reprendre la métaphore agricole: Profiter de l'open source sans y ajouter sa contribution c'est comme exploiter une terre sans l'entretenir. Un jour le sol deviendra stérile et nous le paierons tous. Dans cette optique vous avez le choix entre devenir un Ecolo-citadins et faire la guerre aux agriculteurs ou alors travailler avec eux pour améliorer notre sort collectif (c'est un choix personnel). Bon c'est vrai, c'est le genre de phrase facile à dire et difficile à faire ;-)

Bien entendu mon approche est partielle et partiale mais fondée,

A bientôt, Jonathan

jeudi 5 mars 2009

Eric Barroca, en direct de l’Open Source Think Tank sur lemondeinformatique.fr

Bonjour,

Voici deux posts très intéressant de Eric Barroca, Président du directoire de Nuxeo sur le blog du monde informatique.fr:

- Jour 1 - Jour 2

Le témoignage est très instructif et le retour sur les business case aussi. On reste un peu sur sa fin car on aurait envie d'en savoir encore plus, de participer (difficile pour nous humbles mortels d'aller aux Etats Unis pour cela ;-) ...

On notera l'idée suivante: Stratégiquement un éditeur de logiciel qui se positionne sur une technologie open source existante, doit éviter le fork au maximum même si son activité l'y pousse (demande d'un client).

"Rester aligné avec le projet initial et éviter le « fork », qui est la solution de facilité quand on est en retard sur une livraison. Conserver du temps pour se tenir au fait des développements du projet initial et y apporter ses patchs. C’est contraignant à court terme mais bénéfique à long terme."

Le regard vers le ciel, le drapeau du libre dans le vent, une phrase est lâchée:

"Et ne jamais oublier que ce qui renforce la communauté, renforce aussi son entreprise."

C'est beau, c'est de l'open source spirit ;-) open_source_spirit.jpg

A bientôt, Jonathan

vendredi 19 décembre 2008

Firefox et le phénomène de dépendance technologique

Bonjour,

Une fois n'est pas coutume une très bonne analyse de Philippe Scoffoni sur Firefox considéré comme un outils risqué pour les entreprises.

C'est intéressant car on s'aperçoit que l'utilisation d'une technologie tient parfois à peu de chose...

L'exemple de Firefox est intéressant car c'est un outils qui concrètement équivaut sur bien des points à IE et le dépasse sur d'autres.firefox-eye.jpg

La stratégie de Microsoft continue ainsi a bien marché car en créant une dépendance entre ses différentes solutions (phénomène de captation), elle favorise l'utilisation de ses produits même dans les situations où ils ne sont pas les plus pertinents.

Cette problématique se rencontre chaque jour en entreprise quand on travaille sur la migration open source, on est souvent bloqué par le choix d'une technologie, d'un éditeur. C'est ici, où les entreprises devraient vraiment réfléchir en terme stratégique à l'impact de leurs choix car plus elles choisissent la facilité avec des solutions packagées propriétaires et plus elles favorisent leur dépendance pour le futur envers ces éditeurs.

Mais cela aussi s'évalue: Ma dépendance vis-à-vis de ce fournisseur est-elle critique ou engendre-t-elle des risques stratégiques pour le futur en fonction de mon activité ? Parfois oui ou parfois non selon l'activité de l'entreprise. Deux situations proches peuvent aboutir à deux réalités différentes.

A bientôt, Jonathan

mercredi 17 décembre 2008

S'il ne restait qu'un mot: la mutualisation !

Bonjour,

Mes deux précédents post avaient vocation de mettre en exergue les points faibles de la stratégie open source de certains éditeurs (et pas tous !). Ces points faibles ne doivent pas cacher l'importance de la démarche et le COURAGE stratégique de choisir un modèle en construction. C'est une démarche stratégique innovante et risquée.

Au delà de ce challenge en terme de modèle économique, le principe fondamental est là: la mutualisation. En fournissant, même en décalage, les outils développés en open source on œuvre pour le bien collectif. L'open source a vocation à circuler, être copié, modifié... Pour l'intérêt collectif que ce soit du concurrent (aie!) que de l'utilisateur lambda (pro ou particulier).107.jpg

Dans cette démarche, l'open source se rapproche de la recherche: Une bonne dose de compétition, une course à l'excellence mais à la fin tout le monde profite des résultats.

En poussant le marché vers le haut technologiquement (sans le capter), l'open source favorise l'innovation, la concurrence par l'excellence (et pas par la dépendance)... C'est pour cela que beaucoup d'ultra libéraux, qui ne sont pas les plus sensibles au principe de mutualisation ;-), sont pour l'open source car il favorise l'interopérabilité, la concurrence sur les marchés...

De mon côté, je préfère y voir un bon exemple pour qu'un marché, celui de l'informatique, puisse proposer un modèle qui réponde à la fois à la logique économique pour les professionnels et puisse profiter aux particuliers, aux associations...Et éviter ainsi une "fracture numérique" entre les plus riches et les plus pauvres.

A bientôt, Jonathan

jeudi 11 décembre 2008

La communauté du libre a fait ses preuves, mais qu'en est-il des éditeurs open source ?

Bonjour,

Commentaire sur l'article de Philippe concernant les modèles de l'open source.

Je dirais que le modèle 4 est le modèle originel, celui qui a prévalu et prévaut encore pour les logiciels open source menés par une communauté par contre il n'est pas réel dans le cas d'un éditeur open source.

Comme tu l'as dit pertinemment l'éditeur open source est dans le modèle 3 mais la communauté est plus "fictive" que réelle dans le sens où c'est l'éditeur qui fournit la plupart des innovations, des implémentations...Et maitrise de toute façon l'évolution de la solution. en discutant avec certains d'entre eux tu réalises que c'est même eux qui maîtrise le projet à plus de 90%...

Ces deux approches montrent bien les tensions qui peuvent exister au sein du mouvement car les enjeux et les intérêts sont souvent très très divergents ! Un contributeur bénévole a une motivation différente, souvent militante, alors que l'entreprise est principalement habitée par la logique du business (normal).

L'open source a fait ses preuves sur le modèle 4 et ceux qui en ont le plus profité sont souvent les constructeurs/fournisseurs de matériels, type IBM ou Sun, car leurs modèles économiques ne reposent pas sur le logiciel ni uniquement sur les services mais sur une offre globale. De même pour google qui a une stratégie globale de diffusion (modèle n°2).

Il reste maintenant à trouver un modèle 3 qui puisse permettre une cohabitation entre éditeurs, intégrateurs et clients. L'enjeu est majeur et pas évident surtout pour les éditeurs car n'oublions pas que "Tout travail mérite salaire"...

A bientôt, Jonathan

jeudi 4 décembre 2008

Suite "Informatique: Pro vs Anti Libre vers une stratégie de compromis"

Bonjour,

Philippe a fait un commentaire intéressant (Philippe Scoffoni est DSI dans un cabinet de conseil):

"J'aime bien ta phrase " l'open source est stratégique (et non plus militant)". Je crois qu'elle résume bien effectivement de changement de cap qui est en train de se produire.

Mais restons vigilant à ce que le Libre ne devienne pas qu'une sorte de faire valoir médiatique : cf les opérations de communication d'OBAMA sur son site change.gov.

Espérons qu'il ne faut voir en tout cela que la montée en puissance d'un modèle de fonctionnement basé sur le partage de la connaissance dans l'intérêt général. oupsss je redeviens militant.

Paradoxal alors que professionnellement je mixe en permanence solutions propriétaires et libres depuis plusieurs années ? Non c'est une question aussi de maturité des solutions open source."

Merci Philippe pour ton commentaire.

D'un point de vu professionnel nous sommes tous dans un grand écart permanent: D'un côté nous souhaiterions n'utiliser que l'open source et de l'autre la réalité technique nous oblige à d'autres choix.

Je pense que c'est une réaction professionnelle et saine qui prouve que nous ne valorisons pas une solution uniquement par rapport à un idéal mais bel et bien en fonction d'un cahier des charges concret.

Quand à la récupération médiatique que ce soit des politiques ou entreprises, c'est sans doute la rançon du succès.

Le tout c'est de ne pas perdre le cap et de soutenir les actions d'associations tels que l'APRIL mais aussi l'ADULLACT et les Gul locaux qui travaillent sur la pérennité du mouvement.

A bientôt,

Jonathan

mercredi 3 décembre 2008

Informatique: Pro vs Anti Libre vers une stratégie de compromis

Bonjour,

Voilà c'est fait ! Le libre a enfin sa place sur le marché. Le Gartner et autres cabinets de renom le disent, le libre dans le placard c'est fini, maintenant il faut se couper les cheveux, se raser et enfiler un costard (M... se diront certains) !

Mais voilà, on efface pas des années de luttes, parfois peu objectives, comme cela. Aujourd'hui l'heure est au compromis des deux côtés...

D'un côté les acteurs traditionnels, poids lourds, de nombreuses victoires à leur actif, quasi invaincu sur la plupart des marchés.

De l'autre l'open source, un poids léger, un début de carrière difficile mais grâce à la musculation il a reprit le dessus et devient un sacré challenger, voir leader, sur beaucoup de marchés.open source

Le combat commence ? Non pas vraiment car il est l'heure de la discussion, pas toujours évidente car alimentée par des enjeux idéologiques parfois très fort au sein même des deux camps. Pourtant le marché l'impose: Il va falloir discuter, échanger, négocier, trouver sa place et laisser de la place aux autres ! Et pas question d'être au fond de la salle et de passer pour des fanatiques. D'ailleurs, c'est décidé les fanatiques ont leurs paie un billet pour Cuba, ils sont super sympa mais il y a des moments où le compromis s'impose face aux conflit idéologiques stériles.

Cela ne veut pas dire que l'on doit arrêter de défendre ses idées, de donner son avis mais qu'il faut plus largement ouvrir le dialogue, se positionner pour trouver un équilibre. Il n'y a pas d'un coté les gentilles SSLL et de l'autre les méchantes SSII. Les deux ont le même objectif: faire du business.

Le choix de l'open source est stratégique (et non plus militant): Je choisit l'open source car c'est le modèle économique qui me semble le plus pertinent et qui répond, éventuellement, à mes valeurs.

Le choix n'est pas non plus unanime: Ce n'est pas l'inquisition, il se peut très bien qu'une technologie propriétaire corresponde plus à une situation qu'une libre...

Voilà, c'est dit, c'est fait, le libre a de l'avenir et plus seulement dans un garage. Maintenant il s'agit de défendre ses intérêts en bonne intelligence !

A bientôt, Jonathan

Suite Microsoft et le petit Linux rouge

Bonjour,

Voici un commentaire de Alc sur mon post précédent sans doute un peu trop militant (les vieux démons):

"Certes,Jonathan ce n'est pas faux, mais ne connaissons nous pas les uns et les autres dans notre environnement des "pseudo" pur players qui se comportent sous la bannière du libre comme de véritable MS ? et qui ferait bien de lire "la stratégie du dauphin" ".

J'en ai profité pour me cultiver et connaître cette fameuse stratégie du dauphin qui consiste (en simplifiant) à s'adapter à la "vague", à devenir plus réactif plutôt que de combattre ou de se laisser aller. L'avenir nécessiterait une approche plus ouverte et plus souple face à la complexité du monde... ( La Stratégie du dauphin : Les idées gagnantes du XXIe siècle (Broché) de Dudley Lynch et Paul L. Kordis ).

Ma réponse:

C'est vrai que certaines entreprises utilisent le libre dans la même logique que MS. Ou alors veulent imposer le libre comme étant le seul modèle adéquate, le modèle "parfait"...

La vérité est sans doute ailleurs, personnellement je pense que le libre n'est pas universel mais qu'il reste un bon moyen pour rééquilibrer le marché, sans doute le seul à l'heure actuel. Rééquilibré le marché dans le sens libéral ou anti libéral selon ses idéaux politiques:

- Libéral: il permet plus de concurrence et favorise l'innovation (si si) sur un marché qui en a besoin,

- Anti libéral: Il permet de donner accès à l'informatique à tous et de rendre indépendante les stratégies des états vis-à-vis des entreprises informatiques.

Pour autant peut-on le généraliser à l'ensemble du marché ? Je ne pense pas, tout est une question d'équilibre.

Merci pour votre commentaire, Jonathan

lundi 24 novembre 2008

Service public, open source et développement durable: L'exemple de la ville d'Albi

Bonjour,

La première fois que j'ai entendu parlé d'open source, de service public et de développement durable, c'est lors de la mise en place des Vendanges du libre sur le Tarn. En travaillant avec Jean-François Martel, DSI de la Mairie, j'ai découvert que la Mairie avait non seulement migré l'ensemble de ses postes vers open office mais avait aussi inclus les logiciels libres dans son agenda 21. Il est intéressant de voir sous quel angle la ville a développé son approche du libre.

"Fiche action 33 de l'agenda 21 - Orientation : Inscrire la collectivité dans une dynamique constante d'amélioration de son fonctionnement

Titre : Développer l'utilisation des logiciels libres au sein de la collectivité

Enjeu: Développement durable

Objectifs

Dans le cadre de la mise en oeuvre de son système d'information, la Ville souhaite s'assurer de la maîtrise de l'information traitée et produite sans être dépendant d'éditeurs logiciels. L'objectif est également de pouvoir faire évoluer librement les outils logiciels, grâce à la disponibilité des codes sources, en fonction des besoins réels de la ville, sans être contraint de suivre les stratégies économiques des éditeurs logiciels. empreinte_durable.jpg Les licences de ces outils étant souvent gratuites, il est ainsi possible de déployer ces logiciels sans forte contrainte budgétaire, sur tous les postes de travail des agents de la Ville, favorisant ainsi l'utilisation d'outils communs et homogènes dans les différents services et donc le partage de documents numériques.

Les objectifs de déploiement de logiciels libres concerne l'ensemble des logiciels utilisés par la collectivité :

• Logiciels systèmes : serveur, poste de travail

• Logiciels de bases de données

• Outils logiciels communs : bureautique (traitement de texte, tableur, outil de création de diaporama, outil de dessin et de retouche photo, messagerie, agenda, intranet ...)

• Applications métiers Par ailleurs, le principe de développement des logiciels libres étant « communautaire » (chacun amène une pierre à l'édifice), la Ville participera activement au développement d'un logiciel concernant un de ses métiers, qui sera intégré dans le système d'information de la Ville.

Actions à mettre en oeuvre ou à poursuivre

Pour tout besoin existant ou nouveau (retouche photo, planification), prise en compte des solutions libres existantes en validant l'adéquation besoin / fonctionnalité tout en s'assurant de la pérennité de ce logiciel à travers les services de support et la prise en compte d'évolutions techniques et/ou fonctionnelles. Participation à un des projets coordonnés par l'Adullact pour la réalisation d'un logiciel métier sous licence libre GPL (Global Public Licence), en fournissant une partie des ressources nécessaires à l'élaboration et au déploiement de ce projet.

Indicateurs

Nombre de logiciels libres gérés par la DSI Rapport moyen logiciel libre / logiciel du commerce par typologie de poste de travail Ratio nombre de serveurs fonctionnant sous Linux par rapport à des solutions propriétaires Evolution du coût de maintenance logiciel et du coût d'investissement logiciel Nombre de projets « logiciels libres » où la ville d'Albi participe aux Groupes de Travail Collaboratif"

Instructif non ?

Jonathan

mercredi 19 novembre 2008

Open source: vers une démarche qualité ?

Bonjour,

Je vous invite à lire l'article "Open Source : les entreprises adoptent le modèle sans le maîtriser" du LeMagIT

Le commentaire de Christian est lui aussi intéressant.

Je rejoins Christian sur les risques juridiques associées à l'open source. L'open source n'est pas plus contraignant qu'une licence classique voir beaucoup moins sur de nombreux aspects. Le tout est de savoir la finalité de l'utilisation de l'application choisie:

- Veut-on intégrer l'application dans notre SI ?

Dans ce cas la licence a peu d'impact sauf dans le cas de licence spécifique, sachant que la grande majorité des logiciels sont sous licence GPL qui ne pose pas de problème particulier.

- Veut-on intégrer cette solution dans le but de redistribuer gratuitement ou commercialement une solution ?

Cette situation est plus complexe car les licences open source ne se marient pas obligatoirement entre-elles et il faut savoir que la licence GPL est contaminante. On ne peut donc associer une GPL avec une autre licence de quelque nature que ce soit. Le cadre juridique de cette licence a été largement validée par les juristes dans le monde entier.

C'est la notion de redistribution qui est importante dans l'open source et pas forcément celle d'utilisateur final à contrario du modèle propriétaire.qualité

Par contre mettre en place une procédure de gouvernance, sélectionner l'open source sur des critères visant à limiter les risques sur le long terme (communauté, activité...), voilà des points importants et essentiels quand on choisit une solution open source.

Open source ne veut pas dire cheap, ni low cost, il faut développer une démarche qualité stricte qui prouvera à terme que ces solutions sont aussi viables que les autres (et non plus un discours de militant entre Pro et Anti).

Jonathan

jeudi 6 novembre 2008

Développement durable, thunderbird pro et mutualisation

Bonjour,

Un petit post suite à une conversation avec Laurent B. du Département Infrastructure, Réseau et Sécurité à la Caisse Nationale d' Assurance Maladie (80 000 postes). Je précise que ce post n'a pas vocation a être un interview ni à engager mon interlocuteur dans mes propos.

Nous avons discuté lors d'un séminaire sur OBM au sein des locaux de Linagora à Paris. J'ai été étonné d'apprendre que la CNAM utilisait Thunderbird comme client de messagerie.

Pourquoi ce choix ?

D'abord financier avec le coût des licences mais aussi car les appels d'offres pour renouvellement des licences sont contraignants... Donc un choix économique et administratif. Ensuite un aspect lié à la maîtrise du code source: possibilité d'adapter le client et d'y inclure des add-ons métiers.

Ce que fait d'ailleurs aussi, et nous apprenons lors de la réunion, le MINEFE (Ministère de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi, 100 000 postes) qui déploie la solution OBM. Chacune intervenant sur Thunderbird, développant du code sans le mutualiser ni le transmettre à la communauté (travail trop spécifique)... Donc une perte d'énergie inutile (pas de critique là-dedans juste un constat).

Thunderbird client de messagerie pro ou pas pro?

Laurent Bauvens a soulevé une question pertinente: Pourquoi Thunderbird est-il envisagé uniquement dans une version grand public ? Heureusement que le client dispose d'une partie du code de Nescape qui permet d'aller vers des applications pro (me demander pas comment trop technique pour moi ;-)). Dans la limite que pour un usage professionnel, il faut bloquer l'accès aux modules complémentaires.

En gros, il estime que plus de 80% du code a un usage commun mais que pour fonctionner correctement il faut intervenir sur les 20% qui reste (avec toute la joie que l'on peut ressentir en se lançant dedans).

La mutualisation oui, mais pour mettre en commun un travail et le développer, cela nécessite de la volonté de la part des professionnels qui utilisent la solution. Ce qui n'est pas toujours le cas. Pour Thunderbird, par exemple, quand la fondation Mozilla a voulu ouvrir un forum, voir une forge, destiné aux pro, peu ou pas ont répondu à l'appel. Pourquoi ? Mystère...Strategie

Le principe de mutualisation est la base du libre, le retour vers la communauté pour faire progresser l'application. Comment envisager l'évolution du libre si les entreprises, les administrations implémentent des solutions sans fournir en retour de code et sans payer pour avoir ses solutions ? Il s'agit ici d'une démarche de développement durable car ne pas mutualiser sur le libre revient à limiter le développement et l'évolution des solutions que l'on utilise. Donc, sans doute à long terme, à se tirer une balle dans le pied !

A bientôt, Jonathan