Logiciel libre : questions précises et réponses vagues

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lundi 4 janvier 2010

L'identité nationale en creative commons ?

Bonjour,

D'humeur jovial en ce début d'année, je m'offre un petit post sur un sujet brulant: L'IDENTITE NATIONALE (brrr cela fait froid dans le dos ;-) )

L'identité nationale serait-elle libre ? Peut-on la mettre sous licence libre creative commons ?

Après tout la notion d'identité nationale, de nation, a été le fruit d'une création donc soumise au droit d'auteur et est rentrée dans le domaine public au bout de 70 ans. La France n'existait pas il y a 2000 ans, elle a été inventé par des peuples, monarques, oligarques... Est-ce un bien ou un mal peu importe le résultat est là, un nom déposé, une constitution rédigée, un signe de reconnaissance sans parler de la baguette et du vin ;-)

Mais voilà, la France n'a pas de propriétaire, on peut librement utiliser son nom, le copier, le dupliquer, le modifier, il fera de toute façon référence à un territoire (BY) et on ne pourra se l'approprier (SA).

On peut se la représenter comme un pays clair ou sombre, métissé, avoir un flamme dans les yeux ou sur l'affiche pour en parler, un accent pour en vanter ses territoires, la critiquer en permanence (sport national), ce pays appartient à tous, tout en étant à personne.

Chacun peut en penser ce qu'il veut, librement, gratuitement et faire de l'ingénierie inverse sans problème ;-)

France en creative commons

Il y a autant d'Identité Nationale que de distribution Linux... (c'est dire ;-) ) : Les éthiques, les puristes, les métisses, les commerciales (je vous laisse mettre les noms dessus).

Bref un petit post qui ne casse pas une patte à un coq pour dire que l'identité française est en CC BY SA donc non appropriable !

A bientôt, Jonathan

lundi 15 juin 2009

SSII et Open source: Des loups dans la bergerie ?

Bonjour,

Je me suis rendu dernièrement à la réunion concernant la Roadmap 2020 L'échange était intéressant.

Un point est venu me titiller car ce n'est pas la première fois que j'en entend parlé: Les SSII seraient des opportunistes qui iraient à l'encontre du modèle du libre....

Pour bien comprendre en quoi cela m'interroge c'est que je fais une thèse sur: L'intégration de l'open source au sein des sociétés de service informatique... Donc je travaille sur les grands méchants et la façon dont ils peuvent intégrer le libre (je suis donc un collaborateur d'après la doctrine).

open_source_spirit.jpg

Alors les SSII: Des loups dans la bergerie ?

- Qui sont les moutons alors ? Les libristes ? Vous considérez vous comme des moutons ? Il me semble que c'est le contraire, le libre s'est développé sur l'idée que nous n'étions pas des moutons à la solde de certaines (une ?) entreprises.

- Les SSII des opportunistes ? Eh oui, c'est le cas, les SSII ne s'intéressent au libre que parce qu'elles y trouvent des solutions pour leurs clients avec un gain supérieur au propriétaire. Donc il y a des intérêts très marqués. Pour autant, les entreprises du libre sont-elles des structures neutres dont la vocation est uniquement de garantir la pérennité du mouvement ? Non, elles ont un objectif similaire, développer l'activité et faire du profit....

La différence: Ces dernières ont compris dès le départ qu'il faut investir dans le développement, dans le lien avec la communauté pour que les solutions soient pérennes (ce qu'elles ne font pas toutes et parfois loin de là).

Pour conclure, Les SSII sont opportunistes mais elles restent les premiers intégrateurs d'open source dans les entreprises voir ce post. Plutôt que de prôner un djihad du libre, il semblerait plus pertinent de développer une démarche pédagogique et stratégique vis-à-vis de celles-ci (c'est l'objectif de ma thèse). Montrer que le modèle de l'open source nécessite une approche de fond qui ne peut-être que dans leur intérêt. Bien entendu, je ne me leurre pas sur son impact (les thèses finissent dans des étagères)...

Bref, les inviter à la table des discussions, les impliquer dans la démarche. Le projet Intelli'N, par exemple, est nait de ce constat: Regrouper les SSII pour les aider à intégrer l'open source mais aussi mutualiser pour participer à l'écosystème du libre. L'avenir nous dira si cette approche est la bonne.

Pour reprendre la métaphore agricole: Profiter de l'open source sans y ajouter sa contribution c'est comme exploiter une terre sans l'entretenir. Un jour le sol deviendra stérile et nous le paierons tous. Dans cette optique vous avez le choix entre devenir un Ecolo-citadins et faire la guerre aux agriculteurs ou alors travailler avec eux pour améliorer notre sort collectif (c'est un choix personnel). Bon c'est vrai, c'est le genre de phrase facile à dire et difficile à faire ;-)

Bien entendu mon approche est partielle et partiale mais fondée,

A bientôt, Jonathan

jeudi 29 janvier 2009

Linus Torvald analyse la stratégie de distribution de Microsoft

Bonjour,

Voici un article de PC impact à partir d'un article de Computer World.

"Dans une longue interview accordée à Computer World, Linus Torvalds, que l'on ne présente plus, a abordé de nombreux sujets : les changements (trop) importants de KDE, la forte croissance d'Ubuntu, le système de gestion Git, et le futur de Linux. Torvalds a cependant répondu à une question qui s'annonçait polémique : Que pensez-vous de Windows Seven et du cycle de développement des systèmes d'exploitation de Microsoft ?

Un nouveau Windows tous les deux ans ?

linux torvalds « Windows 7 sera meilleur que Vista veut beaucoup dire. Microsoft disposera d'un avantage immense en matière de relations publiques, puisque les gens vont le comparer à Vista et penser qu'il est bon, et donc "les anges vont chanter de nouveau” comme ils l'ont fait avec Windows 95 par rapport à Windows 3.1. Mais peut-être que Microsoft l'a fait volontairement » interroge ironiquement Linus Torvalds.

Ce dernier voit cependant en la sortie de Seven non seulement un moyen de corriger le tir par rapport à Vista, mais aussi peut-être un changement de politique en matière de renouvellement de système d'exploitation.

« Je pense que Microsoft a compris que le cycle de développement de Vista a été trop long et qu'il serait insensé de recommencer. Ils se sont probablement fixé un cycle de développement de deux ans, et je pense que c'est trop long. Ils devraient séparer le système d'exploitation des applications et le sortir plus tôt.

Pour Linux, six mois est une durée très courte. Vous espérez que toutes les parties que vous mettrez ensemble seront stables, mais il y aura des surprises, et six mois est un cycle très court quand vous cumulez autant de logiciels. Un cycle annuel de sortie est un cycle raisonnable pour réaliser une distribution complète. »

Le problème du porte-monnaie

Pour Linus, un Windows tous les deux ans aurait, qui plus est, un avantage très important financièrement. Les différentes mises à jour de Mac OS X sont ainsi l'exemple parfait que devrait suivre la firme de Redmond.

« Dans le monde Linux, une distribution par an est raisonnable, mais ensuite vous avez les versions "incrémentales". Il est difficile pour une entreprise commerciale comme Microsoft, qui souhaite que les gens paient pour chaque nouvelle version, d'effectuer une mise à jour annuelle. Apple a fait des mises à jour plus rapides, mais a réduit les coûts de chaque sortie. Ce n'est pas un problème pour le monde de l'open source, avec les logiciels gratuits, mais c'est un point que Microsoft doit prendre en compte. Ils veulent que les gens louent leur logiciel, mais les utilisateurs ne le veulent pas. Si vous développez durant cinq ans et réalisez de nombreux changements, cela devient plus douloureux pour le consommateur. Le coût de la "douleur" peut être plus élevé que le coût du système d'exploitation, ce qui explique pourquoi les gens prennent leur temps à mettre à jour leur système. Une grande partie des raisons du succès de Microsoft dans les années 90 n'est plus. »"


Strategie

Quelle belle conclusion !

Malgré le partie pris de Linus, on ne peut qu'être d'accord avec la pertinence de son analyse et le fait qu'il ait choisi la comparaison avec Apple est parlante.

Ainsi la concurrence de Linux, et donc du libre, permet aux autres éditeurs de faire évoluer leurs stratégies et les oblige à innover !

Jonathan

vendredi 19 décembre 2008

Firefox et le phénomène de dépendance technologique

Bonjour,

Une fois n'est pas coutume une très bonne analyse de Philippe Scoffoni sur Firefox considéré comme un outils risqué pour les entreprises.

C'est intéressant car on s'aperçoit que l'utilisation d'une technologie tient parfois à peu de chose...

L'exemple de Firefox est intéressant car c'est un outils qui concrètement équivaut sur bien des points à IE et le dépasse sur d'autres.firefox-eye.jpg

La stratégie de Microsoft continue ainsi a bien marché car en créant une dépendance entre ses différentes solutions (phénomène de captation), elle favorise l'utilisation de ses produits même dans les situations où ils ne sont pas les plus pertinents.

Cette problématique se rencontre chaque jour en entreprise quand on travaille sur la migration open source, on est souvent bloqué par le choix d'une technologie, d'un éditeur. C'est ici, où les entreprises devraient vraiment réfléchir en terme stratégique à l'impact de leurs choix car plus elles choisissent la facilité avec des solutions packagées propriétaires et plus elles favorisent leur dépendance pour le futur envers ces éditeurs.

Mais cela aussi s'évalue: Ma dépendance vis-à-vis de ce fournisseur est-elle critique ou engendre-t-elle des risques stratégiques pour le futur en fonction de mon activité ? Parfois oui ou parfois non selon l'activité de l'entreprise. Deux situations proches peuvent aboutir à deux réalités différentes.

A bientôt, Jonathan

mercredi 10 décembre 2008

Editeurs open source: Plus égocentrique que Microsoft ?

Bonjour,

Ah, enfin un titre provocateur !

Si je le lance ce n'est pas anodin, c'est une véritable question de pratique basée sur deux situations concrètes que j'ai vécu récemment. En contactant des Éditeurs Orientés Service (What else ?) open source en voulant leur proposer de devenir intégrateur, j'ai rencontré un mur de silence. "Intégrateur non! Partenaire oui !", la différence c'est dans le premier cas on paie l'équivalent d'un SAV, de prestation de service, de garantie et de l'autre on coupe la poire en deux...Ce n'est pas la même démarche...Faire 50/50 sur de la prestation logiciel c'est beaucoup surtout si on veut juste proposer nos services à des pme/tpe....

Cette démarche met en exergue la limite actuelle du modèle open source: Comment peut-on (doit-on) rémunérer les éditeurs ? Les développeurs ? C'est un enjeu important car comme le soulignait François Elie lors du forum mondial du libre en citant le fameux adage "tout travail mérite salaire".

Les pratiques actuelles butent devant ce problème et on s'aperçoit que certains éditeurs ne jouent pas toujours le jeu du libre justement parce qu'elles sont les seules à supporter le développement et qu'il faut le rentabiliser. en voulant, pour certaine, monopoliser l'intégration et le déploiement, elles jouent à l'encontre du modèle et se rapproche d'une pratique propriétaire...

Ce n'est pas un situation simple, on peut facilement comprendre qu'une entreprise a du mal à fournir ses produits sans avoir de garantie de prestation derrière. Mais alors pourquoi avoir choisit le modèle open source si on ne respecte pas ses principes ?

Ne vaudrait-il pas mieux pour un éditeur open source de voir diffuser son logiciel via des contrats cadres d'intégrateur que de vouloir monopoliser le marché ? De plus, rien n'empêche de contractualiser sur la concurrence déloyale, l'exclusivité ou non territoriale....Par exemples...Strategie

Bref jouer dans la cour des grands ! La réussite des éditeurs propriétaires est d'avoir développer une véritable stratégie de déploiement via des intégrateurs, sans cela Microsoft serait encore une super PME américaine (c-à-d une multinationale pour nous ;-) ). SAP, SAGE....Et j'en passe.

Signer des partenariats avec d'autres éditeurs, structurer son réseau d'intégrateur serait, à mon humble avis, beaucoup plus efficace que de vouloir jouer solo avec un gros Linux dans le dos (on dirait une chanson de Renaud).

Certains ont déjà fait le pas, d'autres non, c'est cependant un enjeu majeur.

A bientôt, Jonathan

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