- Avantages du libre / open source : Une plus grande diffusion et une communauté de bénévoles plus actives. Ces bénévoles n'étant pas uniquement des salariés d'entreprises qui font du rab le soir et le week-end. Il s'agit d'enseignants, de professions libérales, des fonctionnaires, des personnes passionnées, des non-informaticiens....

Un éditeur peut-il être open source ?

Bien entendu, il y a des intérêts à partager son code.

Premièrement, il s'agit d'un véritable gage de qualité et de transparence pour les clients.

Deuxièmement, c'est un formidable outil marketing, le produit se diffuse plus rapidement et il permet au client de tester celui-ci.

Troisièmement, une communauté se crée autour du logiciel et permet d'inclure l’utilisateur dans les démarche d'évolution du produit. Ce qui en fait un élément très importante notamment avec des méthodes agiles.

Enfin, il permet d'économiser en terme de R&D, de développement (même si cela reste mince).

Un éditeur peut-il être logiciel libre ?

On peut vous dire "oui, le logiciel est en GPL.". La question plus fondamentale est "Une entreprise privée peut-elle investir dans un logiciel libre en dehors de ses besoins en terme d'activité ?". En gros, le patron va-t-il accepter de payer ses salariés pour des tâches qui n'ont aucun impact sur son chiffre d'affaire ? Par pur altruisme ?

Cela est sans doute possible à titre exceptionnel... On ne peut reprocher à un chef d'entreprise de privilégier son activité. On ne peut pas reprocher à un citoyen de préférer le bien être commun.

Un logiciel libre doit avoir une dimension éthique et une fonction sociétale: Les plus connus sont Firefox, Linux, Gcompris... Bref des logiciels qui sont utilisables par tous et sans logique uniquement commerciale derrière. Cela ne veut pas dire que l'open source n'est pas positive, c'est juste que l'enjeu n'est pas le même.

L'exemple de l'éditeur open source qui se transforme en éditeur de logiciel libre est Sun Microsystem avec Openoffice.org. Au départ l'enjeu d'openoffice était avant tout stratégique: attaquer Microsoft Office et pousser Sun Office. Or le logiciel a présenté un tel intérêt pour la société qu'une communauté s'est créée et a contribué fortement. Le résultat a dépassé la volonté de l'éditeur, openoffice.org était devenu un logiciel non rentable...car libre. Oracle s'est ainsi retrouvé devant une évidence: Ce logiciel ne pourra jamais être rentabilisé dans une logique open source. La seule solution, suite au fork Libre Office, a été de le donner à une...fondation. Celle-ci ne cherche pas le profit, elle vit de contributions et d'apports directs sous forme de dons. Elle porte ainsi une fonction sociétale (sur le sujet de la fondation Apache je vous invite à lire le post de Philippe Scoffoni).

Conclusion

Être un éditeur open source est une réalité et il en existe de véritable comme Nuxeo et Xwiki par exemple. Par contre éditer un logiciel libre génère des tensions difficiles à gérer pour une entreprise qui doit avant tout vivre et faire du chiffre d'affaires.

Cette tension permanente entre business et éthique concerne aussi les autres acteurs du secteur, nous en traiterons des SSII dans un post sur: "Les SSII: L'open source à coup sûr, le logiciel libre par accident".

Par contre les entreprises peuvent participer à financer des logiciels libres à travers des fondations, des contributions etc. Elles peuvent ainsi contribuer au logiciel sans pour autant remettre en cause leur pérennité et la fonction sociale de celui-ci.

Mon avis est bien sûr discutable et à discuter :-)

+++

Jonathan

Free or not free that is an open question