Le logiciel libre "un modèle d'affaire" ?

Ces messieurs s'étonnent de "Donner la priorité à un modèle d’affaire en particulier". Oups mais voilà le logiciel libre n'est pas un modèle d'affaire en particulier, en fait il ne s'agit pas d'un modèle d'affaire du tout mais d'une approche de développement communautaire protégé par un droit particulier. Mettre le logiciel libre dans la case "modèle d'affaire" c'est considérer que le logiciel n'a qu'une vocation commerciale or c'est justement en opposition à cette conception unique que le logiciel libre a été créé. Le logiciel libre peut donner lieu à une économie mais ce n'est pas sa fonction première...Il permet justement d'ouvrir l'usage de l'informatique en dehors du domaine marchand !

Et le format ouvert dans tout cela ?

Ce défaut de concurrence, argument largement utilisé par les détracteurs du logiciel libre, masque un élément pourtant essentiel celui du format ouvert. Et c'est sans doute ici que la "bât blesse". En effet si l'on ne considère que l'aspect fonctionnel du logiciel et son écosystème économique, on en oublie qu'une des première vertus du logiciel libre est de pousser les formats ouverts. Si l'on demande à des éditeurs propriétaires leur avis sur favoriser le logiciel libre, ils se braquent sur le motif de concurrence déloyale. Par contre si on impose l'obligation de formats ouverts, l'argument tombe à l'eau. De plus ce format pourra être librement utilisé avec des logiciels libres...

Finalement si on peut s’agacer que l'Inria et le Syntec ont pris une fois de plus une position anti-libre (et rompre ainsi leurs principes de neutralité), en oubliant par ailleurs que beaucoup de "pépites" françaises sont issues de ce modèle, on peut aussi s'interroger sur la pertinence d'intégrer une obligation de format ouvert dans les différents textes législatifs.

Librement, Jonathan

PS: Suite à une demande vous trouverez la lettre jointe.