IT, service et open source: questions précises et réponses vagues

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Les principes du libre

Comprendre la base, les enjeux du libre

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mardi 8 septembre 2009

What is GPL ? Qu'est ce que la licence GPL ? FSF Europe Interviews vidéos

Bonjour,

Voici deux réponses vidéos , une en français et une en anglais, faite respectivement par Michel Roche et Reiner Kersten de la Free Software Foundation Europe.

La GPL est la licence la plus utilisée dans l'univers des logiciels libres (environ 70% des logiciels libres) mais elle s'applique aussi à l'art. Nous comprenons dans ces interviews que la GPL est avant tout un état d'esprit qui propose d'ouvrir et de distribuer les œuvres.


Qu'est-ce que la licence GPL ? par Michel Roche - FSF Europe

What is GPL License ? by Reiner Kersten - FSF Europe

A noter que la GPL ne fait pas l'unanimité ce qui explique l'existence de nombreuses autres licences, voir le post de Philippe sur le sujet.

La GPL reste cependant historiquement liée au mouvement du libre et à son créateur Richard Stallman (Créateur à la fois de la GPL, de la FSF et du mouvement du logiciel libre en général).

Jonathan

jeudi 3 septembre 2009

Qu'est-ce qu'open office (openoffice.org) ?

Bonjour,

Après mure réflexion j'ai décidé de faire un post pour chaque interview faite aux RMLL, cela permettra une meilleure diffusion.

Donc voici la deuxième vidéo, Jean-Baptiste Faure Responsable de la communauté francophone Openoffice.org nous présente openoffice.org.

Jean-Baptiste nous a fait le plaisir d'accepter de présenter LA suite de logiciels libres la plus connue !

A bientôt, Jonathan

vendredi 20 mars 2009

Du logiciel libre à l'open source: de l'éthique à l'économie

Bonjour,

Un post sur l'historique entre logiciel libre et open source. Personnellement, je préfère, plutôt que de différencier, d'unir ses deux approches qui ont un résultat identique: Le développement du libre

4-fsf.jpg

Selon la définition de la Free Software Foundation (FSF) un logiciel libre répond à 4 principes :

- Liberté d’exécuter le programme, pour tous les usages ;

- Liberté d’étudier le fonctionnement du programme et de l’adapter à ses besoins ;

- Liberté de le diffuser ;

- Liberté de modifier le programme et de publier ces modifications.

Pour la FSF, le système des logiciels libres a pour finalité la protection de la liberté en matière informatique. Elle se positionne donc davantage d'un point de vue éthique et politique (Cool et Laurent, 2005) qu’ économique. Son objectif final est d'éviter toute appropriation abusive du logiciel, elle a d'ailleurs pour cela créée sa propre licence, la General Public Licence (G.P.L) qui est la licence la plus utilisée et la plus diffusée dans le monde du libre. Elle a ensuite fait évoluer cette licence vers la L.G.P.L (Library General Public Licence).

opensource_logo.gif

Face à ce positionnement, un mouvement plus orienté « marché » a vu le jour en 1998 grâce à la volonté de Bruce Perens et Éric S. Raymond. L'Open Source Initiative (OSI), qui privilégient une approche plus économique, a proposé d'élargir le champ de l'open source. Ils ont d'ailleurs créé le terme d'open source pour éviter la confusion entre l'ouverture du code et l'éventuelle gratuité du logiciel (« Free Software »).

Ainsi l’Open Source implique plus que la simple diffusion du code source, la licence d’un programme de logiciel libre doit répondre à plusieurs caractéristiques pour pouvoir être reconnue officiellement par l’OSI comme licence libre (OSI, 1999) :

- Libre redistribution ;

- Disponibilité du code source ;

- Autorisation d’effectuer des travaux dérivés ;

- Intégrité du code source de l’auteur : l’auteur ne peut pas empêcher les modifications, mais peut en encadrer les modalités de diffusion en imposant la redistribution du code source modifié sous forme de fichiers « patch » ;

- Absence de discrimination entre les personnes ou les groupes ;

- Pas de limitation à l’utilisation dans certains domaines (entreprises, recherche) ;

- Distribution de la licence : pas de conditions ou de licences supplémentaires, ou d'accord de non divulgation ;

- La licence ne doit pas être spécifique à un produit : on peut extraire le programme et le distribuer séparément ;

- La licence ne doit pas contaminer d’autres logiciels : la licence ne doit pas apposer de restrictions sur d’autres logiciels distribués avec le programme qu’elle couvre.

On voit donc que la proposition de l'OSI recouvre un usage plus large car elle envisage l'utilisation des logiciels libres dans l'activité professionnelle. La FSF fût, dans un premier temps, opposée à cette ouverture vers le monde de l'entreprise car ils pensaient que cela serait préjudiciable aux respects de liberté et d'éthique des logiciels libres. L'OSI au contraire a vu cette ouverture aux entreprises comme la possibilité de diffuser largement les logiciels, de permettre un développement sur le long terme des projets.

C'est à cette période, fin des années 90, que le discours du mouvement open source s'est axé sur deux publics, d'un côté les utilisateurs, les contributeurs et de l'autre les entreprises et les collectivités locales avec l'apparition d'entreprises spécialisées dans ce secteur comme Red Hat par exemple.

Sur le sujet de la diffusion des logiciels libres, Richard Stallman développe depuis des années un discours plutôt axé sur les valeurs fondamentales du libre. Il estime en effet que l'utilisation des applications par un large public qui ne partage pas ou ne connaît pas les valeurs du libre va à l'encontre du mouvement open source (Cf Conférence au Journées du logiciel libre de Montpellier édtion 2007).

Cet argumentaire l'éloigne d'ailleurs peu à peu de la réalité de l'open source qui aujourd'hui dépend de plus en plus des entreprises qui jouent un rôle majeur dans le développement du libre (70% du kernel Linux est développé par des salariés). Néanmoins, Richard Stallman bénéficie d'un respect (légitime) et d'une reconnaissance des contributeurs et bénéficie toujours d'une écoute favorable lors d'événements centrés sur le libre.

Ce qui est intéressant c'est la vie de ses deux mouvements qui cohabitent et parfois s'entrechoquent mais vont dans le même sens, celui du développement du libre dans le monde (C'est mon côté fleur bleue ;) )

A bientôt, Jonathan

lundi 26 janvier 2009

Open source: Les contributeurs individuels et les GUL

Un petit travail universitaire autour des contributeurs individuels et des Groupes d'Utilisateurs Linux (GUL).

Les contributeurs individuels sont la base de l'open source. Ils représentent le cœur du mouvement libre car ils participent activement à son évolution et au développement des applications via des communautés ou des GUL. Cette population des développeurs est difficile à évaluer car les projets open source sont nombreux et plus ou moins en activité.

Une des façons de les dénombrer consiste à évaluer le nombre de contributeurs présents sur les plateformes de développement dont la plus connue est SourceForge.net . Ces forges sont des lieux où les contributeurs mutualisent leurs efforts pour créer ou implémenter des logiciels libres en projet. L'étude Merit a proposé une répartition géographique des contributeurs à partir d'une base de données de 86 873 projets hébergés sur SourceForge.net. Elle dénombre 1,1 millions de contributeurs au niveau mondial mais seul 50 000 d'entre eux participent activement au dépôt de code source.

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A partir du rapport Merit, on peut voir que les développeurs se répartissent en majorité sur deux continents, le continent américain avec les États-Unis et le Canada et le continent européen avec la Communauté Européenne des 25. Nous pouvons constater sur cette répartition que les européens ont dépassé les américains en contributions actives même s'ils sont en dessous dans la population globale des contributeurs.

Au delà même du rapport de force des contributeurs en fonction de leurs répartitions géographiques, l'intérêt de cette étude est qu'elle permet de quantifier le nombre de contributeurs, 1,1 millions, sachant que ce chiffre ne rend compte que d'une partie de la réalité. A cette population, il faut aussi ajouter les membres de la communauté du libre qui participent à l'évolution des logiciels, à leur diffusion, à leur amélioration mais sans « toucher » directement au code. Ces acteurs actifs de la communauté du libre se retrouvent au sein des GUL où ils peuvent côtoyer les contributeurs.

Ces membres sont les premiers utilisateurs des logiciels libres et leur proximité avec les développeurs permet un mode de production “user/self-manufacturers” (von Hippel, 2007) où les développeurs entretiennent une échange important avec les utilisateurs voir sont, pour la plupart, directement des utilisateurs de l'application qu'ils développent.

Les GUL sont organisés localement, on peut considérer qu'ils se décomposent en deux catégories ayant des objectifs distincts:

- Tout d'abord le GUL hackers, où se retrouvent des passionnés qui échangent sur des considérations techniques et se concentrent souvent sur des problématique liées à l'utilisation de Linux à travers l'une de ses distributions.

- Des GUL plutôt orientés promotion des logiciels libres, GULL, qui proposent des install party6, organisent des journées logiciels libres7 et participent à divers évènements liés au mouvement du libre ( « Libre en fête », « Journée Art libre »). Au sein de ces derniers il est courant de trouver des entreprises qui adhèrent à ces associations dans lesquelles elles trouvent un bon moyen de communiquer vers les clients potentiels et de participer aux évènements à destination des professionnels.

Il existe aussi des associations nationales qui ont vocation à promouvoir le libre auprès des collectivités, de l'Etat mais aussi de défendre les valeurs du libre au sein de la société. La principale est l'April qui est une association qui a pour but la promotion et la défense du logiciel libre. L'April est proche de la Free software Foundation (FSF) et traduit les différents textes de la FSF en français. La FSF France représente l'émanation de la FSF, elle est en lien étroit avec l'April. On trouve aussi l'AFUL, Association francophone des utilisateurs de Linux et des logiciels libres, qui travaillent au niveau francophone pour promouvoir et défendre les logiciels libres.

Pour en savoir + sur l'importance des contributeurs individuels: Rapport Merit: Rishab Aiyer Ghosh, MERIT, 2006, « Study on the: Economic impact of open source software on innovation and the competitiveness of the Information and Communication Technologies (ICT) sector in the EU »

mercredi 17 décembre 2008

S'il ne restait qu'un mot: la mutualisation !

Bonjour,

Mes deux précédents post avaient vocation de mettre en exergue les points faibles de la stratégie open source de certains éditeurs (et pas tous !). Ces points faibles ne doivent pas cacher l'importance de la démarche et le COURAGE stratégique de choisir un modèle en construction. C'est une démarche stratégique innovante et risquée.

Au delà de ce challenge en terme de modèle économique, le principe fondamental est là: la mutualisation. En fournissant, même en décalage, les outils développés en open source on œuvre pour le bien collectif. L'open source a vocation à circuler, être copié, modifié... Pour l'intérêt collectif que ce soit du concurrent (aie!) que de l'utilisateur lambda (pro ou particulier).107.jpg

Dans cette démarche, l'open source se rapproche de la recherche: Une bonne dose de compétition, une course à l'excellence mais à la fin tout le monde profite des résultats.

En poussant le marché vers le haut technologiquement (sans le capter), l'open source favorise l'innovation, la concurrence par l'excellence (et pas par la dépendance)... C'est pour cela que beaucoup d'ultra libéraux, qui ne sont pas les plus sensibles au principe de mutualisation ;-), sont pour l'open source car il favorise l'interopérabilité, la concurrence sur les marchés...

De mon côté, je préfère y voir un bon exemple pour qu'un marché, celui de l'informatique, puisse proposer un modèle qui réponde à la fois à la logique économique pour les professionnels et puisse profiter aux particuliers, aux associations...Et éviter ainsi une "fracture numérique" entre les plus riches et les plus pauvres.

A bientôt, Jonathan

jeudi 23 octobre 2008

Est-ce le GNU qui a fait Linux ou Linux qui a fait le GNU ?

C'est quoi cette question ? Encore une prise de tête de geek ?

Oui vous n'avez sans doute pas tort, qui aujourd'hui s'intéresse à l'histoire des distributions Linux ? A part les linuxiens ? Ben oui personne...

Juste pour rendre à César ce qui appartient à un autre, voilà Linux n'est pas seulement Linux. Les distributions Linux c'est aussi un noyau GNU (Gnu is Not Unix- Acronyme récursif). Voir même au départ il existait Gnu puis Linux, les deux s'appuyant l'un sur l'autre mais étant au départ des projets indépendants.

Si vraiment cela vous intéresse: http://fr.wikipedia.org/wiki/GNU

Bref ne soyez pas étonné si vous rencontriez Richard Stallman, considéré comme le fondateur du libre, si celui-ci se ballade avec un drôle de logo et critique Linus Torvaldgnu.png.

Cela fait partie de la grande (petite) histoire du libre.

Jonathan

Le building et le souk

Jeu de mots hasardeux et peu spectaculaire sur une référence incontournable du libre "La cathédrale et le bazaar".

Il s'agit d'un texte écrit par Eric Raymond, un des fondateur de l'Open Source Initiave donc du mouvement open source (pas du logiciel libre, attention ! eh oui faut suivre ;-) ), L'histoire a voulu que son auteur soit sortie il y a peu de l'organisation qu'il a créé car il semblait que trop de logiciels et de licences avaient été associées à l'open source sans régulation par l'OSI. opensource_logo.gif

Mais voilà, c'est LE livre fondateur pour comprendre la structure de développement de l'open source.

Au bilan: Les logiciels libres sont supérieurs en qualité car tout le monde peut consulter le code et peut le corriger. Mais surtout car il y a une vraie émulation entre les développeurs qui savent que leur code sera lu et relu et critiquer par les 'Prix Nobels" du libre (qui font partie des plus grands développeurs au monde).

En savoir +: http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Cathédrale_et_le_Bazar. Eric Raymond (1999) « The Cathedral and the Bazaar: Musings on Linux and Open Source by an Accidental Revolutionary », Cambridge, O’Reilly.

Jonathan

mercredi 22 octobre 2008

Le principe du Copyleft: Copier n'est pas joué!

« Copyleft - all rights reversed »*

Le terme copyleft est un jeu de mots par rapport à copyright et à copy left (copie laissée ou copie autorisée). On le traduit en français par gauche d'auteur.

Les licences copyleft sont des licences libres auxquelles sont adjointes une clause dite copyleft. Le principe essentiel est d'imposer, à celui qui l'accepte, de dévoiler le code source des programmes concernés et de toutes les modifications qui pourraient lui être apportées, mais aussi la libre circulation du code sous la seule restriction de conserver son caractère "ouvert" (Jullien et Zimmermann, 2002). Ainsi les licences copyleft permettent à quiconque d'utiliser, copier, étudier, modifier et distribuer l'œuvre sous la condition que l'utilisateur devra laisser l'œuvre sous les mêmes conditions d'utilisation, y compris dans les versions modifiées ou étendues.

Vous vous doutez que cela n'est pas aussi simple ;-) GPL v3 La notion de gauche d'auteur est un terme fréquemment utilisé dans la littérature juridique car elle est à la base de la différenciation entre les licences libres. Ainsi les licences sont scindées en deux grandes familles, celles dite copyleftées, comme la GPL (General Public licence) et celles free bsd permissives, par exemple la BSD (Bekerly Software Distribution). On peut aussi ajouter le terme de licence non-copyleftée, que l'on retrouve dans certains textes, qui se rapproche de celui de permissive. Il existe aussi une distinction entre les différents degrés de copyleft ainsi il existe des logiciels avec un copyleft fort et d'autre avec un copyleft standard ou faible. Le copyleft fort, présent dans la licence GPL par exemple, interdit la combinaison du produit avec des produits propriétaires. Il s’agit d’une licence dite « contagieuse », puisque toute association d’un autre produit rend les développements tiers également Open Source. Le copyleft faible ou standard limite ces restrictions. Ainsi, il est possible d’utiliser des produits sous LGPL (Lesser General Public licence) par exemple dans des développements privés.

Vous comprendrez donc que la nature de la licence du logiciel libre peut avoir des effets importants. Il est donc essentiel quand on veut utiliser ou implémenter une solution de vérifier sa compatibilité avec la licence.

  • Jeu de mot de Don Hopkins tournant en dérision l’habituelle mention Copyright - « all rights reserved » est extrait d’une lettre adressée à Richard Stallman en 1984.